3 questions fauves à Elsa Thomas


Auteure, réalisatrice et metteuse en scène, le travail d’Elsa Thomas se situe entre la fiction cinéma, et le théâtre documentaire. Il questionne et explore le rapport à la famille, les parcours et les corps en marges ou en transformation, mais aussi la vulnérabilité de l’intime. Elsa présente Matcha Girl, une performance documentaire que l’on pourra retrouver au TU à l’occasion du festival Fauves.

L’art vivant est l’unique endroit où, en tant que scénariste, je peux donner réellement rendez-vous à mes personnages.

-Elsa Thomas

Qu’est-ce qui te donne de la force dans ton travail ? 

Ce sont avant tout les rencontres. Travailler dans une démarche documentaire, c’est à la fois « aller vers », s’informer, enquêter,  puis donner une visibilité à des récits intimes. Derrière la création, il y a la rencontre avec l’autre. L’intime est politique : raconter une histoire personnelle, c’est toujours éclairer des enjeux plus larges , collectifs. Avec Matcha Girl, je n’ai pas cherché loin pour provoquer la rencontre : j’ai choisi d’interroger quelqu’un de très proche – mon propre père – et pourtant que je connais si peu. Cette exploration intime m’a permis d’ouvrir un champ de réflexion universel sur les enjeux de la filiation.

Qu’est-ce qui t’inspire chez ta génération ?

Ce qui m’inspire le plus dans ma génération, c’est sa capacité à questionner les récits dominants et à en inventer des nouveaux. Elle ne cherche pas à reproduire des modèles, mais à expérimenter, à hybrider les formes, à faire co-habiter l’intime et le politique, souvent dans un cri ou un fracas immense et salutaire. Elle ne cherche pas à effacer les différences mais à les faire dialoguer. C’est une génération qui refuse les cloisonnements et qui trouve sa force dans la pluralité.

Quel a été le point de départ de ce spectacle ?

Avec mon père, nous parlons peu et nous ne nous confions jamais. Comme beaucoup de pères et de filles, la pudeur ou la gêne nous retiennent de questionner la vie privée de l’autre. Mais dans un thé choisi, dans la façon de l’infuser et de le boire ensemble, circulent nos élans, nos joies, et nos tempêtes. Si je suis en colère contre lui, je n’ai pas besoin de lui dire: il me suffit de lui demander un café. C’est de ce langage secret, fragile et brûlant, qu’est né Matcha Girl. 

-> Propos recueillis en août 2025

À découvrir pendant Fauves


  • Festival FAUVES

Évènement terminé

Matcha girl

Elsa Thomas

Mer. 08.10 – 21h00

Entre théâtre et cinéma, c’est le récit intime d’une relation entre un père et sa fille, entre le passé et l’avenir, où les émotions parfois douces, parfois amères, se déploient comme une fleur de thé plongée dans l’eau.

  • Festival FAUVES

Évènement terminé

La cérémonie du thé de tradition chinoise « Gong Fu Cha »

avec Pierre-Jacques Thomas

Mer. 08.10 – 12h30

En écho au spectacle Match Girl, Pierre-Jacques Thomas nous invite à découvrir l’univers fascinant du thé, de sa récolte à sa dégustation. 

Rencontre avec Maëlle Dequiedt

Maëlle Dequiedt crée des formes iconoclastes qui mêlent musique et théâtre. Ses écritures de plateau, nourries par l’improvisation, placent les interprètes au cœur du processus de création. Après des études de violoncelle, elle intègre l’école du TNS où elle se forme notamment avec Thom Luz et Séverine Chavrier. Parmi…

Rencontre avec Jean Le Peltier

Jean Le Peltier est comédien et metteur en scène. Il écrit ses propres pièces depuis 2014. Son travail explore les complexités invisibles du réel et des interactions humaines en utilisant des jeux narratifs singuliers, cherchant aussi à révéler du grandiose dans le banal et le simple. Fondateur en 2016…

Rencontre avec Suzanne Degennaro

Suzanne Degennaro est une danseuse et chorégraphe italo-française, basée à Paris, dont le travail interroge les zones floues de l’identité, du genre et de la mémoire corporelle. Son langage artistique se construit au croisement du whacking — danse née dans les clubs queer de Los Angeles dans les années…