Rencontre avec Léo Moussu et Benjamin Lavève 


Diplômé d’un DET du conservatoire de Nantes en juillet 2023, Benjamin Lavève est arrivé au théâtre par l’improvisation qu’il découvre en 2017 dans la troupe de l’école nationale d’architecture de Nantes . Puis il rejoint La Compagnie du Lait Chaud et la Troupe du Malin en 2019, pour enfin cofonder sa compagnie professionnelle d’improvisation Les Adultes. Il continue de jouer pour d’autres projets, notamment dans Et notre temps s’en va ! mis en scène par Anne Rauturier, spectacle qui joue au Festival Les nuits menteuses, à la Roche-sur-Yon.

Diplômé d’un DET du Conservatoire de Nantes en juillet 2023, Léo Moussu commence le théâtre à l’âge de dix ans en faisant du doublage. En 2023 il joue dans Et notre temps s’en va ! mise en scène de Anne Rauturier au festival Les nuits menteuses. Il est interprète depuis 2024 pour le spectacle La légende de Médée et Jason du début à la fin, mis en scène par Marion Thomas. La même année il joue dans le spectacle On ne badine pas avec l’amour, mis en scène par Gaspard Legendre, pour le théâtre du Héron. 
Il commence en 2026 une écriture de plateau “Mojo pin” (Titre provisoire) avec la comédienne et autrice Bonnie Barbier.
En parallèle de ses expériences d’interprète, il écrit et met en scène pour le théâtre, au sein du collectif qu’il co-dirige depuis 2023 : Le Foutoir.

© Sixtine de Bodard

C’est en se confiant comme ça que le public acceptera de voyager avec nous le temps d’un spectacle.

Comment est né ce projet ?

Ce projet est né lors de notre année d’ENVOL, un accompagnement des jeunes comédien·nes sortant·es du Conservatoire de Nantes. Il était question de réaliser une forme tout-terrain, qui soit joyeuse et tout public.

– Qu’est-ce qui vous met en mouvement aujourd’hui, dans votre pratique artistique ?

Benjamin : La recherche de proximité avec le public, de parler au plus de monde possible, raconter des histoires, influencer positivement le monde.

Léo : L’incertitude. Se donner la possibilité de n’être arrivé au bout d’aucune conclusion, de croire encore et toujours aux découvertes, et prôner l’émerveillement. 

– Y a-t-il des lieux qui vous inspirent ou qui influencent votre création ? Si oui, pourquoi et comment ? 

B : Plus que des lieux je dirais des mondes dans lesquels je peux errer, c’est très lié aux jeux vidéos, je suis inspiré par des environnements, des ambiances absorbantes et les messages qui en découlent, par exemple j’ai beau l’avoir fini, je retourne souvent juste me promener dans l’espace sur «  Outer Wilds  », le lien au voyage, aux questionnements de ce qui nous entoure, accepter que on ne peux pas avoir prise sur tout, typiquement avec l’inspiration de créations, mais continuer d’avancer et de faire confiance.

L : Qu’importe le lieu, il faut que ce soit en marchant ou en courant. C’est ainsi que je suis le plus inspiré, lorsque ma tête est dans mes pieds !

– Avez-vous déjà joué ou créé des formats de spectacles/rencontres en dehors d’un théâtre ? 
Si oui, en quoi ces propositions “hors les murs” transforment-elles votre manière de pratiquer, de créer ?


B : Oui, j’ai commencé le théâtre par l’improvisation, j’ai deux compagnies aujourd’hui avec lesquelles nous avons beaucoup joué en bar notamment. Ce sont des beaux lieux d’effervescences et de communions avec le public, nous avons également joué dans des salles communales, dans des ESAT ou en plein air.
Avec Léo nous avons également déjà joué la pièce dans des salles de classe ou en plein air aussi justement. Ce sont toujours des moments de rencontres vraiment beaux. Je trouve ça tellement joyeux de venir partager nos histoires avec des publics pour qui venir pousser la porte d’un théâtre serait trop dur ou même pas envisageable.
Et en tant que comédien, je trouve ça génial car cela ramène une certaine exigence aussi, il faut se donner pleinement à fond pour réussir à convaincre ces publics, faire don de soi, de notre joie et de notre humanité pour qu’elle puisse aller résonner avec les gens. C’est en se confiant comme ça que le public acceptera de voyager avec nous le temps d’un spectacle.

L : Oui, Casey & Amour, qui sera d’ailleurs présenté pendant cette édition de FAUVES. Ce que ça transforme, c’est le rapport horizontal qu’il y a au public. Les artistes ne sont plus dans leur tour d’ivoire, inatteignables, sous les feux qui protègent. Dehors, c’est concret, tout le monde se voit, tout le monde s’entend, il n’y a plus de convention, un pigeon passe et tout est à réinventer. 

– Si ce spectacle était un déplacement, d’où partirait-on et où arriverait-on ?

On partirait d’une salle de classe aseptisée pour arriver sur le dos d’un dragon, au dessus de Corinthe, sans toit ni loi.

– Qu’est-ce que vous évoque l’expression suivante : Inventer (des) ailleurs ?

B : Sortir des lieux dédiés, aller au contact et à la rencontre des gens pour qui le lieu théâtre fait peur, représente un endroit d’élitisme intellectuel, culturel avec une forme de mépris possible pour qui n’aurait pas les codes. Aujourd’hui d’autant plus, il faut renouer avec notre joie d’être ensemble, la culture est amputée pour empêcher de faire du lien, et bien nous allons venir pour ne pas laisser les personnes de côté sur la touche.

L : Sortir de chez soi, du confort. La culture, les subventions, nous sont retirées, l’état a donné notre avis d’expulsion. Il faut mettre les bottes de pluie, aller dans le jardin ! Peut-être qu’il y aura du soleil ?

– Quelle(s) œuvre(s) (musicale, littéraire, cinématographique) pourrai(en)t accompagner l’univers du spectacle ?

B : Un mix entre les Casseurs Flowters et le Phèdre de Patrice Chéreau.

L : Phèdre, de François Gremaud !