5 questions à Sacha Ribeiro


Après 3 années passées au Conservatoire de Caen, Sacha Ribeiro intègre l’ENSATT à la rentrée 2014, où il travaille notamment avec Philippe Delaigue, Guillaume Lévêque, Dominique Pitoiset, Catherine Hargreaves et Aurélien Bory.
En 2017, il co-crée la Cie Courir à la Catastrophe avec Alice Vannier. Il joue dans En réalités, une adapation de La Misère du monde de Pierre Bourdieu mis en scène par Alice Vannier. Il co-écrit, co-met en scène et joue dans la seconde création de la compagnie, 5 4 3 2 1 J’EXISTE (même si je sais pas comment faire).
À la rentrée 2018, il joue dans Berlin Sequenz mis en scène par Marie-Pierre Bésanger et enfin il travaille régulièrement à La Cascade/Pôle National des arts du Cirque, dans le cadre des « Ets Felix Tampon ».
En 2021, il joue dans Prescriptions pour vivre en bonne société, de Léa Carton de Grammont et mis en scène par Alice Vannier à la Comédie de Valence dans le cadre des Controverses ainsi que dans Skylight, de David Hare, mis en scène par Claudia Stavisky aux théâtre des Célestins.

Je pense que le théâtre peut permettre de faire entendre d’autres voix et ainsi être en quelque sorte un écho des luttes. 

– Quel a été le point de départ de ce spectacle ? 

En 2019, je ne sais plus pourquoi, je tombe sur un article qui parle de l’occupation de la Volksbühne en septembre 2017. À la lecture de cet article, je repense à celle que j’ai vécue à Lyon en avril 2016 au moment des manifestations contre la Loi El Kohmri et son monde.  Je réalise alors que celle-ci m’a énormément marqué et surtout m’a posé des questions encore très actives à ce moment de ma vie. Occuper, c’est se faire une « nouvelle maison » pour réinventer le monde ensemble, on y pense une organisation et une manière de communiquer. On y rêve des projets. On y rencontre des gens que l’on n’aurait jamais rencontrés ailleurs. J’y avais notamment rencontré des personnes beaucoup plus engagées que moi mais surtout qui avaient une pensée politique plus précise. La mienne était belle et bien présente mais je ne savais pas la formuler, j’en étais incapable. Je savais que je devais être ici et pas ailleurs mais je ne savais pas dire pourquoi. 
Comment se forme-t-on dans la lutte ? 
Comment produit-elle une énergie vitale ? 
Occuper c’est aussi poser la question de la grève générale comme levier de la lutte. En effet on décide de suspendre le déroulement de sa vie pour une durée indéterminée. C’est un moment où je devais, par exemple, faire le choix d’aller en cours ou alors d’occuper, de manifester… Comment ce nouveau départ « temporaire » nous permet de requestionner notre propre existence et ce qui la constitue ? 
Si j’ai réuni cette équipe c’était pour qu’ensemble nous puissions mettre en jeu toutes ces questions qui me hantaient. 
Œuvrer son cri s’inscrivait aussi en continuité de toute une réflexion menée à l’ENSATT à travers un premier spectacle, dont j’était à l’initiative et que nous avons créé au sein de l’école avec mes camarades de promotions. 

– Si ce spectacle était un remède, de quoi et de qui prendrait-il soin ? 

J’espère qu’il prend soin des personnes qui luttent pour que le monde reste un minimum respirable. 
J’espère qu’il prend soin aussi de nous rappeler que parfois, même si tout semble perdu, si on regarde ailleurs que là où on nous dit de regarder, il reste des choses magnifiques, des résistances joyeuses, des élans salvateurs. 

– Quels espaces de résistance permettent la fiction/l’art ? 

Malheureusement assez peu… je ne suis pas de celleux qui pensent que « l’art sauvera le monde ». Je ne penses pas que l’art peut se substituer à la lutte. L’art n’agit pas directement sur les structures de pouvoir : il ne renverse pas des lois, n’organise pas de mouvements, et ne crée pas à lui seul de rapport de force. En ce sens, ses capacités de résistance restent limitées. 
Par contre, je pense que l’art peut permettre de faire entendre un autre discours que le discours dominant relayé par presque tous les médias. Je pense que le théâtre peut permettre de faire entendre d’autres voix et ainsi être en quelque sorte un écho des luttes. 

– Qu’est ce qui te pousse à créer un spectacle ? 

Une question. Si j’ai la réponse, alors c’est que ce n’est pas la bonne. 

– As-tu une lecture/un film/une œuvre qui a nourri ta réflexion ? 

Le travail du commun de Pascal Nicolas-Le Strat.
Bouh ! Un film sur le squat des 400 couverts, du Collectif Bouh!

Spectacle lié


Œuvrer son cri

Cie Courir à la catastrophe

Mer. 06.05 – 20h30
Jeu. 07.05 – 20h30

À ONYX, Théâtre de Saint-Herblain

C’est l’occupation d’un théâtre par une troupe, une petite tentative de révolution, qui réveille le moteur de leur engagement, leurs forces créatrices et leurs imaginaires. Et démontre en quoi faire du théâtre est une façon de participer pleinement à la société.

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