5 questions à Ronan Moinet


Enfant, Ronan Moinet s’embrase pour le film naturaliste Microcosmos. Sa formation d’ingénieur agronome concentre cette passion pour le vivant dans une approche théorique. Adulte, il choisit le métier d’artiste, et son intuition le pousse à remettre son corps au centre du je. Depuis trois ans, il mène le projet Postures : épouser la perspective d’entités non-humaines, via des expériences-performatives, où la contrainte corporelle dictée par un autre vivant devient un espace fertile. Le corps permettant de retisser des dimensions métaphysiques avec d’autres formes de vivant, et d’induire la réflexion.

– Qu’est-ce qui t’as poussé à créer le projet Perché ?

En 2021 j’étais obsédé par la question suivante : comment les plantes perçoivent-elles le monde ? Et c’est à ce moment-là que je découvre le travail de Philippe Descola avec son livre Par delà nature et culture, tout en me passionnant pour le monde de la performance, et plus particulièrement celles de Abraham Poincheval. Une association d’idées plus tard, je me dis qu’il me faut mettre mon corps dans la posture d’un arbre pour tenter de répondre à cette première question… C’est la genèse du projet.

– En quoi ce projet t’a-t-il changé ?

Il m’a permis d’induire un état de conscience modifié dans lequel je me suis senti particulièrement proche de l’arbre avec lequel je vivais ; un chêne. Depuis, mon travail s’intéresse à cette question, de prolonger mon corps pour entrer dans la perspective d’autres êtres vivants.

– Cette année, le festival Idéal invite à se décentrer et à ouvrir notre regard sur le vivant, à le voir comme une communauté d’existences plurielles. Quand tu entends « vivant », à quoi penses-tu en premier ?

Je vois des points qui figurent des espèces, des organismes, des processus biologiques, et entre ces points des lignes qui les relient. Ces lignes sont pour moi ce qui qualifie le mieux ce mot de vivant, ces interrelations qui font système.

– Pour toi, le vivant est-il fragile ou puissant ?

Je ne me pose pas cette question, il est, tout simplement. C’est quelque chose qui existe et qui ne peut s’éteindre. 

As-tu une lecture/un film/une œuvre qui a nourri ta réflexion ?

Un livre : Croire aux fauves – Nastassja Matin. Un documentaire : Microcosmos