Marie Devroux est une comédienne et metteuse en scène franco luxembourgeoise résidant à Bruxelles. Après des études à L’ESACT, dont elle sort en 2018, elle crée son premier spectacle, Les Estivants de Gorki (Festival de Liège, Pba -2019). Elle travaille depuis 2016 dans plusieurs spectacles d’Adeline Rosenstein (Laboratoire Poison, Transformation Opera Radio) en tant que comédienne et assistante à la mise en scène, à l’écriture et à la dramaturgie. Elle a également collaboré avec Françoise Bloch et avec le collectif La Brute dans le spectacle Paying for it. Elle tient un des rôles principaux du prochain long métrage de Ian Menoyot : “Radiaux Libres”.

L’expérience de la représentation trouve certains échos, fait parfois changer d’avis, et déclenche des moteurs insoupçonnés pour agir et résister.
– Quel a été le point de départ de ce spectacle ?
En 2023, quand je commence l’écriture d’Ouverture des hostilités, je ressens une grande colère politique : je sais ce que je ne veux plus et contre quoi je lutte… Mais en même temps, je ne sais pas quoi opposer à la Catastrophe et je n’arrive pas à imaginer des futurs désirables. Prise dans cette tension, je commence un vaste chantier de documentation autours d’utopies concrètes, où des pratiques alternatives au système capitaliste sont pratiquées à grandes échelles.
Entre des moments de documentation et des répétitions, notre petit groupe d’interprètes cherche à répondre à trois grandes questions-trop-grandes-pour-nous : comment fonctionnerait un système économique égalitaire ? Comment pourrait se pratiquer une démocratie directe dans les villes où nous vivons ? Comment pourrions nous vivre sans police ni prison, tout en faisant justice ?
– Si ce spectacle était un remède, de quoi ou de qui prendrait-il soin ?
Ce spectacle se pense comme un remède contre le nihilisme ou la sensation que tout est foutu, mais aussi contre un trop grand idéalisme. Inspirée par l’auteur antifasciste Gramsci, la pièce propose d’allier l’optimisme de la raison au pessimisme de la volonté, pour penser concrètement d’autres possibles, malgré les embûches.
– Quels espaces de résistance permettent la fiction/l’art ?
Selon moi, l’art n’est pas fondamentalement résistant, mais il peut l’être à travers deux dynamiques : une, à long terme, pour développer une culture révolutionnaire à travers le partage d’expériences, de concepts et de références. Et une dynamique qui s’inscrit dans une temporalité à court terme, dans le temps du spectacle, où l’expérience de la représentation trouve certains échos, fait parfois changer d’avis, et déclenche des moteurs insoupçonnés pour agir et résister.
– Qu’est ce qui te pousse à créer un spectacle ?
Jusqu’à présent, j’ai créé des spectacles pour répondre à des questions qui m’habitaient (ici, qu’est ce qu’on pourrait imaginer comme alternative à la Catastrophe ?). Je cherche des réponses à travers le travail de documentation et les réflexions collectives partagées pendant les répétitions. Peu à peu, tandis que certaines questions trouvent des réponses, de nouvelles apparaissent qui me poussent à imaginer un prochain spectacle.
– As-tu une lecture/un film/une œuvre qui a nourri ta réflexion ?
Plusieurs ouvrages ont nourri la réflexion et l’écriture du spectacle : notamment Faire justice d’Elsa Deck-Marsault, Que faire ? de Ludivine Bantigny, Figures du communisme de Frédéric Lordon, Une écologie décoloniale de Malcom Ferdinand, ou encore Mondes postcapitalistes une œuvre collective dirigée par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre.
Spectacle lié
Ouverture des hostilités
Marie Devroux
Mer. 08.04 – 20h00
Jeu. 09.04 – 20h00
Un spectacle résolument optimiste, joyeux et lucide qui ouvre des perspectives d’avenir et nous montre qu’un autre monde est possible !