Auteur et interprète français, son travail se situe à la croisée du théâtre et des sciences.
Formé au conservatoire du 7e arrondissement de Paris après des études de lettres et d’histoire, il se consacre dès 2008 à l’écriture scénique et collabore avec de nombreux artistes de théâtre, de danse et de cinéma. Depuis 2013, il développe et interprète ses célèbres Causeries, des spectacles-récits qui tissent des liens entre savoirs scientifiques, curiosités et imaginaire (dont Le Sale Discours, consacré à notre rapport aux déchets). Très engagé sur les questions environnementales, il crée également pour le jeune public et collabore avec des institutions comme Océanopolis à Brest, dont il est artiste associé.

Nous avons besoin de métamorphoses.
– Quel a été le point de départ de ce spectacle ?
L’envie très forte de faire aimer l’océan. De montrer qu’il est toujours une matrice de rêves, d’espérances, de magie et d’exploration. Au même titre que l’espace. Petit, je rêvais de me transformer en sirène, en être amphibie. Je sentais instinctivement que bien que terrestre, il y avait en nous quelque chose qui nous reliait à la mer. Je vais donc partir retrouver la sirène qui est en moi, et en nous tous. Par les mots et la métamorphose.
– Si ce spectacle était un remède, de quoi ou de qui prendrait-il soin ?
Le respect et la protection de l’océan. Réparer le regard qu’on doit porter aux vivants. Avec L’Homme-poisson, je veux montrer que l’océan est toujours le milieu qui nous fait vivre, même si nous nous considérons comme des animaux terrestres. Sans lui, on n’est plus rien. On vit toujours d’océan. On est toujours des poissons en quelque sorte. C’est ce que le spectacle va montrer. Un océan malade, c’est une civilisation malade.
– Quelles espaces de résistance permettent la fiction / l’art ?
Féconder l’imaginaire. C’est par l’imaginaire que l’être humain façonne le monde qui l’entoure. C’est parce que nous héritons de récits, d’idéaux qui stimulent notre désir qu’on finit par mettre en place les sociétés qui peuvent les réaliser. En ce moment, nous avons urgemment besoin d’imaginer des récits qui nous donnent envie de bâtir de nouvelles façons d’être au monde. Il faut nourrir nos actions. Nous avons besoin de métamorphoses.
– Pourquoi aller au théâtre aujourd’hui ?
Parce que justement je crois que le théâtre est un des meilleurs moyens de toucher à l’imaginaire. Et puis à notre époque ils ne sont plus très nombreux, les lieux où l’on partage en commun, sans forcément se connaître, du temps, un lieu et des histoires. Un lieu public de plaisir, ce n’est plus si commun ça. Ça fait éclater nos bulles.
– Qu’est ce qui te pousse à créer un spectacle ?
L’envie de partager un émerveillement. C’est aussi comme bâtir un pont qui nous emmène sur une île inconnue.
Une invitation au voyage.