5 questions à Cédric Cherdel


Après des études de cinéma à Montpellier, Cédric Cherdel intègre en 2008 le Master Arts du Spectacle de Tours, où il développe sa pratique chorégraphique. Il poursuit sa formation au CCN de Rillieux-la-Pape avec Maguy Marin puis au CNDC d’Angers avec Emmanuelle Huynh, et se forme également au Reiki et au massage thaïlandais après sa rencontre avec Min Tanaka. Installé à Nantes en 2013, il fonde l’association UNCANNY, crée plusieurs pièces chorégraphiques et mène des projets artistiques et pédagogiques inspirés des méthodes d’éducation active.

– Qu’est-ce qui t’as poussé à créer Ceci est le début d’une grande forêt  ?

Cette création est née d’une commande de balade chorégraphique, et très vite elle est devenue une nécessité venant compléter le tryptique que j’étais en train de créer autour du «  Sauvage  ».
J’ai voulu envisager la forêt comme un territoire d’imaginaire, un espace où l’on ne traverse pas seulement un lieu, mais un monde. Faire dialoguer nos corps avec le végétal, écouter, regarder, toucher, sentir ce monde sylvestre par l’activation d’une marche simple et paisible.
Inviter chacun à entrer dans une forêt qui commence peut-être en soi.

– En quoi ce projet t’a-t-il changé ?

Ce projet est venu fissurer les représentations et certitudes que je portais sur la forêt.
Il a ouvert une boîte de définitions, multiples et mouvantes : poétiques, scientifiques, linguistiques, culturelles.
Collaborer avec l’anthropologue Anne Dubos a profondément nourri ma réflexion.
Nos échanges ont apporté une profondeur philosophique et poétique au processus de création.
La forêt est devenue pour moi un territoire de pensée autant qu’un espace sensible.

⁃ Cette année, le festival Idéal invite à se décentrer et à ouvrir notre regard sur le vivant, à le voir comme une communauté d’existences plurielles. Quand tu entends « vivant », à quoi penses-tu en premier ?

Quand j’entends le mot  vivant, il résonne aujourd’hui avec ma nouvelle recherche autour de la justice écologique et de l’idée d’un rééquilibrage possible entre les formes de vie. J’y vois l’espoir d’un monde où chaque être — humain ou non humain — aurait droit à une part juste et éthique des ressources de la Terre.
Mais le mot vivant, en cette période troublée où les guerres resurgissent, me renvoie aussi à des termes plus bruts comme la survie et la lutte.

– Pour toi, le vivant est-il fragile ou puissant ?

Le vivant n’est ni fragile ni puissant 
ou peut-être est-il les deux à la fois
ou peut-être l’un puis l’autre.
Le vivant échappe  :
Il est mouvement, ondulation, souffle.
Il est énergie, chaleur, circulation invisible.
Le vivant est une force qui persiste, transforme et recommence.

– As-tu une lecture/un film/une œuvre qui a nourri ta réflexion ?

Je vous conseille d’inviter des ami.es à prendre le thé puis à vous amuser à vous tirer les cartes avec un petit oracle comme par exemple L’Oracle de l’arbre celtique  ou bien L’oracle celtes des arbres …
Chacun-chacune ses gouts, Chacun-chacune son oracle.
Bon thé !