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mar. 29 nov. au jeu. 01 déc.

L'HOMOSEXUEL OU LA DIFFICULTÉ DE S'EXPRIMER

de Copi | m. en sc. Thibaud Croisy
29 nov. 20H • mardi
30 nov. 20H • mercredi
1 déc. 20H • jeudi
De 6€ à 16€
TU-Nantes
1H20
À partir de 15 ans

Écrit il y a tout juste cinquante ans, L’Homosexuel… n’est pas à proprement parler une pièce sur la «  condition homosexuelle », ni même peut-être sur l’homosexualité. Elle s’intéresse plutôt à ce qu’il y a d’inexprimable dans tout corps, toute identité, et met en scène la difficulté, voire l’incapacité du langage à dire exactement ce que l’on est. Pour faire honneur au métissage de la dramaturgie de Copi, Thibaud Croisy a réuni un trio d’interprètes flamboyants, aux histoires et aux parcours différents : Frédéric Leidgens dans le rôle de Madre, une mère castratrice à faire pâlir les Andalouses de García Lorca ; Emmanuelle Lafon dans celui de Garbo, une professeure de piano aux méthodes peu conventionnelles ; et Helena de Laurens pour incarner Irina, l’être singulier et pervers qui tente d’échapper à toutes les catégories et peut-être au langage lui-même. Mais alors, qui gagnera cette affreuse partie ? Qui tuera qui ? Et que restera-t-il au terme de cette nuit où se réveillent les démons du corps ? La neige ? Le silence des steppes ? Le souvenir d’une marginalité fondamentale et perdue, impossible à préserver et à dire ? Vous le saurez en venant voir cette comédie barbare et mélancolique, à mi-chemin entre un Feydeau survolté et une corrida sur la banquise

 

“Loin d’être trop cérébrale – ce que l’on aurait pu craindre de la part d’un si bon connaisseur de Copi –, cette approche nous ramène à ce qu’il y a de plus drôle et subversif chez Copi : sa façon si singulière de montrer des êtres fluctuants en prise avec un monde qui tend à les figer.”
Anaïs Héluin - Sceneweb.fr

“Le coup de génie de Thibaud Croisy, c’est de tirer sur les rennes de ce « vaudeville guignolesque » pour en retenir finement la frénésie, et sans jamais céder à la moindre gaudriole.” 
Jean-Pierre Thibaudat - Médiapart

 

 

Distribution
Texte : Copi - Mise en scène : Thibaud Croisy - Avec Helena de Laurens, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Arnaud Jolibois Bichon, Jacques Pieiller - Scénographie : Sallahdyn Khatir - Lumières : Caty Olive - Costumes : Angèle Micaux - Son : Romain Vuillet - Collaboratrice artistique : Élise Simonet - Régie générale : Ugo Coppin - Directrice de production : Claire Nollez - Chargé de production : Romain Courault
Crédits
Production : Association TC - Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre du programme New Settings - Coproduction : La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale / T2G, Centre dramatique national de Gennevilliers / TNB, Centre dramatique national de Rennes / TU–Nantes, Scène jeune création et arts vivants / La Rose des Vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq - Soutiens : Aide à la création en fonctionnement dans le domaine du spectacle vivant de la Région Île-de-France / Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC) / Centre national de la danse (Pantin) - Avec l’aide de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, Ministère de la Culture, avec le soutien de l’Adami, organisme de gestion collective des droits des artistes-interprètes : gestion des droits, aide financière aux projets, défense des intérêts et accompagnement de carrière.
Les pièces de Copi sont représentées dans le monde entier par l’Agence Drama – Suzanne Sarquier (www.dramaparis.com) pour le compte des ayants-droit de Copi.
On aime
la réflexion infinie sur l’identité, l’élégance du plateau, le métissage des genres, l’éclectisme des décors et la polysémie des costumes, la puissance subversive de Copi.
On y va avec
son ironie, sa distance et sa méchanceté, les rééditions des textes de Copi chez Christian Bourgois Editeur.

Thibaud CROISY, metteur en scène 

Thibaud Croisy écrit et met en scène. Ces dernières années, il a créé Je pensais vierge mais en fait non (2010), Soustraction du monde (2012), Gymnase nihiliste (2013), Rencontre avec le public (2013), 4 rêves non-censurés en présence de Fleur Pellerin (2015), Pierre Bellemare, une histoire extraordinaire (2016), Témoignage d’un homme qui n’avait pas envie d’en castrer un autre (2016), La prophétie des Lilas (2017) et D’où vient ce désir, partagé par tant d’hommes, qui les pousse à aller voir ce qu’il y a au fond d’un trou ? (2020). Ses pièces ont été présentées dans des lieux dédiés au théâtre (Studio-Théâtre de Vitry, Théâtre Paris-Villette, Théâtre de Vanves), à la danse (Ménagerie de Verre, Centre chorégraphique national du Havre, Scène nationale de Reims), aux arts plastiques et visuels (Gaîté Lyrique, Centre d’art contemporain de Brétigny, Carreau du Temple). Depuis une dizaine d’années, Thibaud Croisy développe une recherche sur l’œuvre graphique et théâtrale de Copi, ce qui l’a amené à écrire de nombreux articles ainsi que des préfaces ou postfaces aux titres de Copi (éditions Christian Bourgois, éditions de l’Olivier, La Découverte). Enfin, il publie régulièrement des textes dans des revues (Théâtre/Public, Frictions), dans la presse (Le Monde, Le Monde diplomatique) ou des livres d’art. 
thibaud-croisy.com
vimeo.com/thibaudcroisy

COPI, auteur 

Né en 1939 à Buenos Aires et arrivé à Paris en 1962, Copi écrit la quasi totalité de son œuvre en français. Il publie d’abord ses dessins dans des revues (Twenty, Bizarre) avant de connaître la célébrité en donnant vie à la « femme assise » dans les pages du Nouvel Observateur. Par la suite, il essaime ses dessins surréalistes, poétiques ou provocateurs dans d’autres titres de presse comme Charlie Mensuel, Hara-Kiri, Libération ou Gai Pied. Parallèlement, il écrit des nouvelles (Une langouste pour deux, Virginia Woolf a encore frappé), des romans (Le Bal des folles, La Guerre des pédés), et surtout des pièces de théâtre, éditées pour la plupart chez Christian Bourgois. Elles sont montées par des « Argentins de Paris » comme Alfredo Arias (Eva Peron) ou Jorge Lavelli (L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer, Les Quatre Jumelles, Une Visite inopportune). Acteur, Copi se met aussi en scène dans deux solos qui feront date : Loretta Strong (1974) et Le Frigo (1983). Figure de la contre-culture des années 70, à la fois discret et exubérant, tendre et cruel, il fait des apparitions dans des films de Jérôme Savary et Lionel Soukaz, prend la pose pour des photographes, passe à la télévision chez Bernard Pivot (Apostrophes), tourne une publicité pour Perrier (« C’est fou, non ? »). Il meurt du sida en 1987, à l’âge de 48 ans, après avoir fait un ultime pied de nez à la mort avec une comédie noire : Une visite inopportune. Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante, subversive et baroque.