En rassemblant les quatre premiers épisodes de la série Histoire(s) Décoloniale(s), Betty Tchomanga se saisit de la dimension politique du théâtre comme lieu de transmission de savoirs par la mise en mouvement des affects. Quatre cours d’histoire dans lesquels on (re)découvre une Histoire coloniale partagée entre plusieurs continents. De la France au Bénin, en passant par l’Algérie pour finir en Éthiopie, ce voyage dans le temps et l’espace se fait par les récits, les corps, les voix et les histoires singulières d’Emma Tricard, Folly Romain Azaman, Dalila Khatir et Adélaïde Desseauve aka Mulunesh.

À travers ces quatre portraits croisés, Betty Tchomanga lance au public une invitation à réfléchir : Comment l’Histoire est-elle transmise ? Depuis quels points de vue ? Comment parle-t-on de l’Histoire coloniale aujourd’hui ?

Entre leurs récits, entre nos histoires, des points communs ou des différences résonnent, des échos inattendus nous frappent, créant ainsi d’autres façons de se relier.

Portrait 1 – #Emma 
Betty et Emma se connaissent depuis l’enfance. À partir de leur histoire commune et de la période de la traite transatlantique, #Emma interroge l’héritage colonial, l’esclavagisme, les rapports de domination et la manière dont l’Histoire se raconte. Grâce au travail rythmique et à l’expressivité du corps et du visage, les spectateur·ices sont invité·es à retraverser cette histoire en passant du rire aux larmes…

Portrait 2 – #Folly
Percussionniste, chanteur et danseur, Folly a grandi dans la culture et la spiritualité du vaudou béninois. Nourri des récits du royaume du Dahomey et des traditions du Bénin, du Togo et du Ghana, #Folly explore la puissance de la transmission orale. Sa voix, ses pieds, son corps font alors surgir une mémoire vivante, portée par les rythmes et les danses.

Portrait 3 – #Dalila
Née et vivant en France, pendant la guerre d’Algérie, dans une famille algérienne. À partir de cette histoire singulière, que peut-il se raconter du passé colonial qui relie ces deux pays ? De l’enfant à la grand-mère, de la chanteuse de raï Cheikha Rimitti à la Vénus hottentote jusqu’aux femmes révolutionnaires iraniennes, ce solo convoque par le corps et la voix des figures de femmes «hors cadre». Le corps et le visage se voilent et se dévoilent laissant ainsi surgir un défilé de masques.

Portrait 4 – #Mulunesh
Ce portrait aborde l’histoire à partir du trou, de la perte. Comment à travers un parcours d’adoption internationale, se rejoue des rapports de dominations et de discrimination ? Comment l’expérience de la discrimination marque-t-elle l’histoire de certains corps ? Comment on se construit lorsque les souvenirs s’effacent ? Comment reconstruire une histoire à partir du silence et de l’oubli ? Entre krump et danse éthiopienne Eskista, le corps devient un lieu de mémoire et de reconstruction.

On aime

des récits intimes mais collectives, le krump, le raï, le vaudou, voir des corps qui dansent, entendre des voix nouvelles : bienvenue dans un cours d’histoire qui n’a rien de scolaire !

On y va avec

celles et ceux qui aiment apprendre des choses sans avoir l’impression d’être en cours, ton prof d'histoire préféré (pas celui qui t'as traumatisé avec les dates), celui qui n'y connaît à l'histoire coloniale (il faut bien commencer quelque part)

Sam. 10.04 - 17h00
Théâtre Francine Vasse
2H30
À partir de 12 ans

Distribution

Mise en scène, chorégraphie et textes : Betty Tchomanga
Collaboration artistique et interprétation : Emma Tricard, Folly Romain Azaman, Dalila Khatir, Adélaïde Desseauve aka Mulunesh

Crédits

Production GANG

La presse en parle


  • « Betty Tchomanga signe avec Histoire(s) Décoloniale(s) portraits croisés un chef-d’oeuvre chorégraphique, théâtral et historique. »

    Bachtrack - Iris Régnier - Février 2025

  • « Rarement spectacle nous aura tenus aussi fermement, nous étreignant de sa vive adresse, nous emplissant d’une compréhension qui irait bien au-delà du compréhensible, d’un ample geste poétique et chamanique. »

    Un Fauteuil pour L'Orchestre - Nicolas Thevenot - Février 2025