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Interview à voir

Zypher Z. Humains après tout

Interview nouvelle scène

À travers le spectre d’un monde où l’humain est tout en bas de l’échelle, le Munstrum Théâtre nous donne des nouvelles d’aujourd’hui, maintenant et nous invite à plonger, tête la première, dans le quotidien de Zypher Z.
Rencontre avec Louis Arene qui, avec Lionel Lingesler, dirige le Munstrum où des univers visuels puissants sont au service de thématiques sociétales fortes.

Au générique de Zypher Z, on vous retrouve à la mise en scène, à l’écriture, à la scénographie, au plateau, à la création des masques… Vous êtes partout ? 
J’ai un appétit pour les différentes disciplines qu’abrite la conception d’un spectacle. Le texte, la scénographie, les masques, la musique, le travail sur le corps sont des outils très différents mais complémentaires dans l’écriture d’un spectacle. Il est important, sinon de les maîtriser tous à fond, de s’intéresser de près à leur fonctionnement.
J’essaye de dessiner un geste théâtral global qui permette un rapport moins hermétique et plus organique aux différents corps de métier. Mais attention, je suis entouré de créateurs très talentueux qui ont tous une place prépondérante dans le processus de création et aux premières loges, Lionel Lingelser avec qui je co-dirige le Munstrum.

Le parti-pris du Munstrum Théâtre est que chaque pièce invente un monde d’après. Aujourd’hui, avec Zypher Z., quel monde d’après proposez-vous au public ? 
Avec Zypher Z, co-écrit avec Kevin Keiss, nous créons une dystopie rétro-futuriste qui évoque à la fois un monde passé, un monde d’après et une réalité parallèle où l’humain se trouve tout en bas de l’échelle dans une société qui est aux mains des animaux. Ils sont peu nombreux et ceux qui restent sont fragiles, malades.

Qui est Zypher ?
C’est un petit employé d’un prospère institut de sondage dirigé par une éléphante tempétueuse - qui ne manque pas une occasion de se faire marcher sur les pieds. Il encaisse, il encaisse ; mais n’arrive pas à gérer ses émotions, ses frustrations. Son corps va un jour donner naissance à un autre lui-même qui va prendre le pouvoir sur sa réalité. 

Que raconte Zypher Z. sur notre monde ? 
C’est une méditation sur l’identité, la mort, le désir, les monstres qui sont en nous. Malgré tout, il ne s’agit pas d’une pièce à thèse ; mais d’un théâtre désireux de remettre l’imaginaire au cœur du plateau, la joie au centre de la création. 

La joie est essentielle… 
Quand on regarde notre époque dans les yeux, on peut facilement tomber dans la désespérance. En tant qu’artiste, je vois mon travail comme un acte poétique et militant devant servir à ranimer la flamme de la joie.

Vous parlez de spectacle total. Mais qu’est-ce que finalement cela signifie pour vous ? 
Avec le Munstrum, nous essayons d’utiliser l’ensemble des outils qu’offre le théâtre pour concevoir à chaque projet une dramaturgie singulière qui se nourrit autant du texte que de l’image. Nous donnons à chaque créateur·ices – auteur, musicien, plasticienne, chorégraphe… - une place essentielle qui leur permet de rêver en grand au spectacle. Nous les intégrons rapidement au processus de création pour que notre grammaire soit la plus vaste possible. 

Propos recueillis par Arnaud Bénureau