Aller au contenu principal
Votre navigateur est obsolète. En conséquence, ce site sera consultable mais de manière moins optimale qu'avec un navigateur récent.
> Mettre à jour son navigateur maintenant.
Interview à penser

Vanille Fiaux

En créations !

Comment naît l’idée d’un spectacle ? D’où vient sa nécessité ? Et pourquoi créer un spectacle aujourd’hui ? Rencontre avec Vanille Fiaux, metteuse en scène et comédienne.

Quels sont les points de départ de ce spectacle  ?
Le Point Cardinale est né de cette interview entre Alberto Moravia et l’actrice Claudia Cardinale et de la découverte de l’immense œuvre de Alberto Moravia, désarçonnant, poétique, puissant. L'interview vient toucher selon moi à l'essence de ce que doit être la création artistique : la qualité du regard. Comment faire apparaître les choses par l'acuité du regard que l'on porte sur elles.
Et juste après le regard visant l'objet et l'être, il y a la vue intérieure : l'expression de son tremblement. Et puis dans les romans de Moravia, ses thématiques récurrentes : Insatisfaction de l’homme moderne, lassitude, inertie, fatigue, ENNUI. La métaphore de L’ENNUI, le plus souvent, est l’amour. Et son symbole, l’histoire d’amour. L’amour est chez Moravia le test par excellence qui permet de vérifier l’aptitude du héros à établir un lien avec la réalité. Il ne cesse de disséquer dans son œuvre les rapports amoureux. Lui-même ayant vécu une passion qui le marquera au fer. 

Comment naît le désir de création ?
Il naît de l’obsession d’un poème. Il naît  du désir pour un acteur ou une actrice. Il naît de mon envie d’incarner la pensée d’un(e) autre.

Comment se déroule le travail de création ? Quel est votre processus ?
Le texte avant tout. Il faut entrer dans la langue. Épouser le corps du texte.
L’acteur doit apprivoiser les mots. Et faire tout entendre. Un texte doit être entendu dans sa substance brute pour que son secret se relève. Du texte naîtra l’incarnation.
Comme je travaille sur une adaptation, le plateau vient de fait rebattre les cartes.
Certaines choses ne peuvent jaillir que de la physicalité du plateau.
Je n’ai pas de méthode. Il y a autant de méthode qu’il y a d’interprètes et de collaborateurs.
 
Qu’est ce qui se transforme pendant ce temps ?
Pendant ce temps, l’acteur incube, il vit avec. Ardemment, je le regarde vivre, et je le vole. Je lui vole tout pour lui rendre tout légèrement transformé.

Combien de temps avez vous besoin pour créer un spectacle ?
Ça, Il ne vaut mieux pas y penser : Rien est impossible, tout est impossible.

Quelle définition avez vous du spectacle ?
C’est avoir le vertige et la croyance.

Quels sont les enjeux pour vous de la création contemporaine ?
« Au fond j’ai de l’art une idée si grande qu’elle se confond avec cette mer de mystères que nous portons en nous. » de Maurice Maeterlinck.
L’art interroge ce mystère.

Quel est votre moteur ?
Avoir envie de réaliser un rêve, plusieurs fois de suite.

Ce que vous préférez dans votre métier ?
De ne pouvoir arrêter, jamais : demain c’est déjà tard.
 
Pourquoi aller voir un spectacle aujourd’hui ? 
Pour suspendre le bruit des choses.

Quel est votre premier souvenir de spectateur ?
Pélléas et Mélisande de M. Maeterlinck / Mise en scène par Jean Christophe Saïs.
Quartett de Heiner Müller / Mise en scène de Bob Wilson.


Propos recueillis en juin 2020
Le Point Cardinale, création en fév. 2020 - Salle Eve, Le Mans