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Portrait KeepInTouch

Thomas Chopin, l'infini turbulent

Avec la révolte ancrée au corps, Thomas Chopin poursuit une quête au plus près du vivant et des forces paradoxales qui le traversent. Ce qui se loge dans les conflits — intimes, extrêmes ou sociaux — c’est d’abord un puissant moteur de vie que le chorégraphe n’a de cesse de convoquer.

Quand on sonde la biographie de Thomas Chopin, c’est à Nantes et plus précisément au TU que son parcours artistique débute. Ce fils de profs et libraires, tendance libertaires post 68, arrive à l’Université de Nantes en 1995 sur les bancs de la fac d’Histoire. La littérature de son enfance est révolutionnaire et les sciences humaines sont pour lui une évidence pour comprendre les rouages du monde. Mais c’est sans compter sur l’inauguration d’un théâtre universitaire sur le campus nantais qui lui ouvre d’autres possibles.

Très vite, son goût pour le corps social se projette dans le corps physique.La danse, le théâtre ou le jonglage qu’il pratique au TU lui offrent une amplitude de motifs pour appréhender les humanités. Et puis un spectacle du chorégraphe Joseph Nadj avec la promotion du Centre national des Arts du cirque et une performance des clowns russes du Teatr Licedei plus tard, Thomas Chopin, lâche la fac, licence en poche, pour l’école de clown du Samovar. Danse, théâtre, mime, acrobatie et clown deviennent les fondations d’un parcours artistique où la physicalité est prégnante, un ressort d’engagement au présent, où le corps est le coeur du vivant jusque dans sa capacité à sans cesse défier la mort. Avec Ordalie, sa première création signée en solo, Thomas sonde les failles adolescentes, cette étape de vie ultime, véritable renaissance de l’enfance vers l’âge adulte. Aveu d’intimité ? « Ce que je mets sur le plateau, je l’ai traversé. » Non, pas d’autobiographie ici : « J’ai besoin de connaître physiquement les événements que je veux mettre en scène. Je pratique le corps social comme une discipline ! Et je tente d’en livrer une approche totalement distancée, non dénuée d’affect, presque sociologique. Une étude de cas. »

Pour son premier spectacle Ordalie (2015), Thomas potasse des études cliniciennes et sociologiques sur les pratiques extrêmes et le risque. « De l’université, je n’ai pas lâché la pratique bibliographique, je l’applique à mon processus de création. » La capacité de l’humain à défier la vie, à se nourrir des conflits, de la colère ou de la tristesse pour en tirer les forces du vivant sont pour Thomas un paradoxe puissant et nécessaire. « La vie est une aventure, elle est donc jalonnée d’épreuves positives et négatives, on ne doit pas mettre de côté à tout prix le négatif. Ni dans sa vie personnelle, ni dans les injonctions médiatiques, politiques ou esthétiques. C’est ce qui rend la vie enthousiasmante. »

Sa prochaine création ? Le Charme de l’émeute [créé en jan. 2020 au TU / Festival Trajectoires]…

Par Nolwenn Bihan, juin 2017.