Aller au contenu principal
Interview à voir

Rachelle Agbossou

Bam ! L'interview

La carrière de Rachelle Agbossou commence à l’Université Nationale du Bénin en 1999. Danseuse au Ballet National de 2000 à 2004, elle s’intéresse à la danse contemporaine et devient interprète dans Le Sacre du Printemps de la compagnie Heddy Maalem qui tourne en France, en Europe, aux Etats-Unis. Elle crée la Compagnie Walô en 2005. Elle présente SIKA pendant BAM BAM BAM. 

Quel est le point de départ de ce spectacle ? Une histoire vraie. Une injustice sur une femme, une mère, dont le seul tort a été l'amour pour un homme, le désir de devenir mère malgré tout. Sika, elle s'appelle, ou elle s'appelait du moins puisque cette injustice a finalement causé sa perte, est passée par des émotions aussi intenses, profondes que variées. La peur, la crainte, la douleur de l'enfermement brutal et inattendu, cette sensation de liberté dans la geôle et d'emprisonnement à l'extérieur m'ont intrigué et interpellé. J'ai eu fortement envie d'imaginer et de transposer sur scène le vécu, inexplicable à ce jour, de cette femme qui aurait pu être toi ou moi, victime d'une société impuissante et d'un pouvoir malhonnête et impulsif.

Quel est votre moteur ? Qu'est ce qui vous inspire ? La vie, la femme, les conflits ou les rapports entre tradition et modernité. La sexualité, l'environnement, la spiritualité. 

Votre rêve le plus fou ?  Si par miracle notre monde pouvait se réunifier pour que la division, l'injustice, les intérêts égoïstes laissent place à un espace où l'entraide, la paix, l'harmonie existent, ce serait juste extraordinaire. Mon rêve le plus fou est de voir et vivre dans une société où l'enfant, la femme, la fille, bref les êtres fragiles sont traités avec considération, amour et délicatesse.

Quel est votre premier souvenir de spectacle ? Ceci n'est pas le souvenir de mon premier spectacle, mais je me souviens encore de mes craintes en coulisse. Il s'agit de la présentation de la pièce Le Sacre du Printemps de Heddy Maalem au Maroc en 2006 ou 2007. Tous les danseurs et danseuses africains que nous étions, étaient en petite culotte, soutien-gorge ou torse nu, dans un pays musulman. J'avais imaginé tous les scénarios possibles, des insultes au lynchage en passant par la brutalisation des danseuses sur scène, j'étais effrayée. Mais j'ai été surprise de voir que la réaction des révoltés étaient pacifiques. Juste environ le quart de la salle qui s'est levé et est sorti du théâtre sans grand bruit si ce n'est que des jurons que je ne comprenais pas.

Propos recueillis en mai 2021