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Carnet de création Héroïque

En résidence au TU : Tanguy Malik Bordage

Retour sur la résidence de l'équipe de Guerrières au TU, dirigée par Tanguy Malik Bordage. Trois semaines de travail et d'écriture au plateau pour ce spectacle qui sera créé au TU à l'automne 2021.

Guerrières, création 2021

Le metteur en scène nantais Tanguy Malik Bordage compose un théâtre épique, visuel et sensible tel un rite initiatique. Sa nouvelle création Guerrières s’empare de la mythologie orientale pour questionner les croyances et les luttes actuelles et générationnelles avec férocité et humour.  Ce spectacle prometteur sonde l’art du combat contre soi-même, ses propres peurs, ses certitudes ou ses névroses en quête d’une paix intérieure.

Avec : Tanguy Malik Bordage, Coline Barraud, Baptiste Allaert, Alice Tremblay, Aude Martos, Armel Façon, Chloé Giraud, Pierre Bouglé, Wilfried Thierry, Damien Debonnaire


Entretien avec Tanguy Malik Bordage

Quel est votre premier souvenir de spectateur ?
Je ne sais plus. J’ai décidé de tout oublier.

Quelles étaient vos convictions quand vous avez commencé à travailler dans le milieu du spectacle ? Qu'est ce qui vous attirait ?
Aucune conviction. Je crois que j’ai vite aimé le mélange étrange entre la profondeur de la pensée et l’amusement, la régression. Des forces contraires, l’élévation et l’égo tiraillés dans la même discipline. Le chaud et le froid. Je me suis bien fait avoir parce que l’eau est finalement assez tiède.

Quand, pour la dernière fois, vous êtes vous lancé.e malgré la peur, parce que vous sentiez qu'il le fallait ?
Tous les jours. J’ai toujours peur d’exploser, de dire des choses trop virulentes, de déborder. Peur d’être trop. Trop ambitieux, trop megalo, trop épique, trop viril, trop violent, trop romantique, trop absolu, trop potache… Alors je dois faire malgré cette peur. Je crois que je suis bien dressé en fait.

Comment l'époque intervient-t-elle dans votre travail artistique ? Quel rapport entretenez-vous au monde d'aujourd'hui ?
Heuuuu. C’est impossible de répondre à cette question en quelques lignes.

Pour paraphraser Bruno Latour, quelles activités n'avez vous pas repris ou n'avez-vous pas envie de reprendre depuis le confinement ?
Ce confinement n’a absolument rien changé.

Qu'est ce que transmettre pour vous ? A quelles conditions l'art peut être un endroit de partage ?
Je ne sais pas. L’art est toujours, sans condition, un endroit de partage.

Si demain on ne peut plus se rassembler dans une salle de spectacle, qu'est ce qu'il resterait de votre travail ?Probablement rien. Des souvenirs. Mais comme je l’ai dit plus tôt, j’ai décidé de tout oublier. Donc rien. C’est pourquoi j’aimerais faire des films aussi, pour montrer mon travail à ma fille plus tard.

Pourquoi aller voir un spectacle aujourd'hui ? Les arts vivants sont-ils de "première nécessité" ?
Je ne sais pas. Un spectacle qui libère les énergies enfouies, un rite, une cérémonie de magie blanche, un acte transcendantal, mythologique, voilà le genre de spectacle qui me serait nécessaire. Mais la majorité de la production, tout ce qui est « politique » ou « sociétal » a peu d’intérêt à mes yeux. Je comprends que les spectateurs se lassent de cette bonne conscience subventionnée…

Quel geste compte le plus pour vous ?
Keep your head up - 2Pac

Avec un T et U, quel slogan auriez-vous envie d'inscrire sur le mur d'un théâtre ?
Je prends trop cher pour votre budget en copyright.


Propos recueillis en juin 2020.