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13 DEC. à 20H30 - 14 DEC. à 20H30 - Au TU - 1H10

The Dog days are over

Jan Martens

Jan Martens signe une œuvre bondissante, minimale et politique pour huit danseurs se livrant à un geste unique : le saut. Un mouvement répétitif et épuisant qui met en évidence le fait que le danseur n’est qu’un performeur exécutif au service... mais au service de quoi ? Une pièce critique sur la frontière ténue entre l’art et le divertissement qui déconstruit les mécaniques du désir d'être amusé pour redéfinir la scène comme lieu de rencontre d’individu à individu. À vous couper le souffle !

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On aime l’intensité envoûtante des corps et l’état de transe hypnotique dans lequel plonge le spectateur.

On y va avec sa coach sportif, son copain de fitness, un fan de Kris Kross ou Davina.

 

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PORTRAIT

 Jan Martens, en corps !

 

Arrivé dans le champ chorégraphique sur le tard, Jan Martens est devenu, en à peine dix ans et presque autant de créations, une valeur montante et affolante de la nouvelle scène belge.

 

Et dire que nous pensions que Jan Martens était tombé dedans quand il était tout petit, tant son succès ferait presque passer ce Belge de 31 ans pour un vieux de la vieille de la planète danse. Même pas. Mais alors même pas du tout. «J’ai commencé très tard la danse, explique d’emblée le Flamand dans un français parfait. À 16 ans, j’ai assisté à la représentation d’une pièce de Jan Fabre, As Long as the World Needs a Warrior’s Soul. J’en suis sorti complètement bouleversé. C’était si physique, si sensuel, si extrême.»

En deux temps et quelques mouvements, la vie de celui qui se rêvait alors comme écrivain, prend un nouveau virage. «Je venais de ressentir quelque chose que je n’avais jamais connu avant et je voulais de nouveau le vivre.»

À 18 ans, cet amoureux de pop belge et de littérature flamande rejoint Gand, « la grande ville », pour y poursuivre des études de langues et prendre des cours de danse moderne. « Rapidement, j’ai éprouvé le désir de créer mes propres chorégraphies, de créer mon propre langage. Je suis devenu un écrivain du corps, des mouvements », sourit-il au téléphone.

Au son de sa voix, on comprend que l’étoile montante mais certainement pas filante de la scène flamande, et belge en général, a le succès modeste. « C’est superbe que les gens pensent que je sois l’ambassadeur d’une nouvelle façon de faire de l’art belge. Et je suis très reconnaissant d’être aujourd’hui associé à de grands noms comme Jan Fabre ou Anne Teresa de Keersmaeker.» Ce statut l’invite à constamment interroger sa discipline et la manière dont elle est peut être perçue. « Pour certains programmateurs, mon travail est trop fermé, pas assez accessible. Mais ça veut dire quoi pas assez accessible ? »  La réponse tient en une heure et une performance pour huit interprètes autour du motif du saut, The Dog days are over. « Il est incontestable que l’art contemporain a pu oublier le public. Une façon de le reconquérir est donc de lui parler d’homme à homme. Alors oui, The Dog days are over est une pièce intellectuelle, mais nul besoin d’avoir un sacré background pour être touché par ce spectacle, sans musique, sans décor, mettant à rude épreuve mes danseurs. The Dog days are over est si exigeant physiquement, qu’à la fin, c’est toute l’humanité des interprètes qui ressort ». En corps une fois, Jan Martens vient de toucher son public là où il le vise depuis toujours, en plein cœur. Et nulle part ailleurs.

 

Par Arnaud Bénureau