Menu scène de recherche
et de création contemporaine
  • Acheter
  • Ajouter à mon agenda
08 DEC. à 20H30 - 09 DEC. à 20H30 - 10 DEC. à 20H30 - AU STUDIO THEATRE - 1H

Le Pas de Beme

Compagnie Théâtre Déplié

Que se passe-t-il lorsque l’un d’entre nous ne joue pas le jeu ? Quand ni lui ni nous ne pouvons donner d’explication à un refus ? La compagnie du Théâtre Déplié convoque ici la figure de l’objecteur sous les traits de Bême, un adolescent adapté, aimé et intégré à son environnement. Pourtant, à l’école, à chaque devoir sur table, l’adolescent n’écrit rien. Et son objection, si simple et infime soit-elle, force quelque chose malgré lui : elle crée une effraction. Autour d'une aire de jeu, trois acteurs sont tour à tour les parents, la petite amie, le proviseur et Bême menant une réflexion ludique et vertigineuse sur le devoir et la résistance.

--

 

On aime le dispositif quadri-frontal qui invite à l’identification, l’intensité d’un théâtre de l’urgence, juste, sensible et intelligent.

On y va avec un adolescent en crise, un ami enseignant ou ses parents.

 

--

INTERVIEW

 « Rendre active une problématique philosophique et politique.»

 

Avec sa dernière création Le Pas de Bême, le Théâtre Déplié de Fanny Descazeaux et Adrien Béal pousse dans son dernier retranchement l’axe autour duquel il ne cesse de tourner depuis ses débuts en 2009 : la place du texte dans l’acte théâtral.

 

Pourquoi avez-vous décidé de faire du texte, un enjeu essentiel de votre travail ?

A. Béal - Nous avions envie de faire des spectacles mais sans savoir de quelle manière nous allions les monter. Travailler à partir du texte, du geste d’écriture, s’est donc imposé à nous pour construire nos pièces. L’écriture induit un mouvement nous permettant de tirer un trait entre le début et la fin du spectacle. Ainsi nous ne nous mettons jamais en rapport avec quelque chose de préexistant.

 

Cela vous invite-t-il à vous réinventer à chaque fois ?

Chaque nouveau spectacle est une expérience, un apprentissage. Au début, nous n’avons aucune image en tête du résultat possible. Et c’est bien pour cette raison que nous faisons du théâtre. Si le chemin était tout tracé par avance, cela serait terriblement ennuyeux. Notre questionnement face au texte et à l’écriture du plateau nécessite beaucoup de travail d’improvisation avec les acteurs.

 

Au cours de vos spectacles, avez-vous tissé un fil rouge ?

Le travail sur la relation entre les personnes qui font le spectacle et celles qui le regardent se précise de plus en plus : nous souhaitons partager avec le spectateur une préoccupation, le rendre actif du spectacle. Actuellement, nos créations nous poussent à rendre active une problématique philosophique et politique.

Et dans Le Pas de Bême, cette problématique s’appuie sur un pitch percutant : l’histoire d’un lycéen à l’aise dans ses baskets mais rendant toujours des copies blanches…

À travers l’histoire de Bême, ni bon, ni mauvais élève, nous racontons l’histoire d’un grain de sable afin de voir ce que celui-ci produit sur et en chacun d’entre nous. À partir d’un grain de sable, on fait la révolution ? On s’émancipe d’un système ? On maintient l’ordre établi ? Ce spectacle montre notre difficulté à agir face à la complexité d’un monde auquel nous participons et dans lequel on se débat.

 

Propos recueillis par Arnaud Bénureau