Menu scène de recherche
et de création contemporaine
  • Acheter
  • Ajouter à mon agenda
07 FEV. à 20H30 - 08 FEV. à 20H30 - 09 FEV. à 20H30 - 10 FEV. à 20H30 - 11 FEV. à 20H30 - AU STUDIO THEATRE - 1H20

La Grappe (Ville et pouvoir)

Benjamin Thomas / Collectif Extra Muros

Comment se fait la ville aujourd’hui ? Comment élus, promoteurs, experts et citoyens conjuguent leurs rôles et leurs intérêts ? A partir d’un théâtre documenté, mêlant textes et vidéos, Extra Muros livre une satire décalée sur les villes d’aujourd’hui aux prises d’un système formaté, entre discours publicitaires, idéologies vaines, aménagement urbain et marketing territorial. Ici, s’érige alors un récit absurde et critique qui tente de redessiner un imaginaire libéré, bourré de désirs et de poésie.

--

On aime le décalage du naturalisme, l’esthétique de la scène, et l’énergie du spectacle qui questionne le spectateur sur sa capacité à être acteur de son environnement.

On y va avec son maire, un adjoint à l’urbanisme, une architecte, un animateur de la démocratie participative.

 

--

Vis ma ville

 

Benjamin Thomas du collectif Extra Muros passe au tamis de la satire, la novlangue liée au marketing territorial et invite à réfléchir au nouvel aménagement d’une ville fictive mais pas si éloignée de nos réalités. Bienvenue à La Grappe !

 

Où La Grappe prend-elle racine ?

L’idée a germé en 2008 lors d’un projet autour des banlieues mené avec l’artiste plasticien Guillaume Krick dans des villes du Canada et du Mexique. Nous étions branchés urbanisme, construction des villes. Puis en 2010, le projet s’accélère. Je suis né à Nantes et j’y suis toujours revenu. Je la regarde évoluer. Et je vois des choses qui m’interrogent.

 

Un tel travail autour du marketing territorial implique-t-il de se forger un solide background ?

Mes sources ont été multiples. J’ai beaucoup discuté urbanisme avec des amis architectes. Il y a les lectures de La ville franchisée, formes et structures de la ville contemporaine de l’architecte urbaniste David Mangin et de Prisonniers volontaires du rêve américain de l’artiste, écrivain et chercheur Stéphane Degoutin. J’aime aussi tout simplement me promener dans la ville pour y chercher les évolutions imperceptibles. La Grappe est un alliage de tout cela.

 

La Grappe, c’est la rencontre de deux histoires : celle d’un maire, d’un architecte et d’un conseiller se disputant autour de l’aménagement urbain et celle d’un homme et d’une femme qui se rencontrent dans un appartement-témoin. Aviez-vous envie remettre de l’humain au cœur d’un tel sujet ?

Le remettre au cœur, je ne sais pas. Mais le questionner, oui ! Qu’est-ce qu’une évolution technique produit comme avantage ou inconvénient ? Au nom du sacro-saint progrès technique, on n’en présente  bien souvent que les avantages, mais y a t’il une face cachée ? Je voulais, sans ne jamais donner de leçons, retrouver un équilibre entre progrès technique et progrès de société.

 

Peut-on parler de théâtre politique ?

Non, car un tel théâtre est trop connoté. Il est moralisateur et partisan. J’ai envie de proposer un théâtre d’idées où le public est libre de penser comme il l’entend.

 

À travers votre scénographie où le public est au cœur du dispositif, La Grappe ne serait-elle pas une pièce participative ?

Même si je lui donne le rôle de l’habitant de La Grappe, le public reste dans son rôle de public. L’interactivité se limite à cela. Malgré tout, sa participation se fait dans sa tête. Car cet endroit, où l’intérêt général et personnel se confond, nous concerne tous.

 

Propos recueillis par Arnaud Bénureau