Menu scène de recherche
et de création contemporaine
  • Acheter
  • Ajouter à mon agenda
23 NOV. à 20H30 - 24 NOV. à 20H30 - Au TU - 2H10

Detours de reel

Grand Magasin / Olivier Martinaud d'après Alban Lefranc / Maurice Pialat

Soirée collagiste ou sur-réaliste à partir de trois formes scéniques, littéraires et cinématographiques qui brouillent les pistes du genre. Au programme, trois œuvres, trois visions du réel, trois hypothèses sur la vie, les vies, une vie :

- Éloge et défense de la routine, exposé décalé et détourné pour redorer le blason de la routine et du quotidien ; 

- L’amour la gueule ouverte (hypothèses sur Maurice Pialat), lecture par Olivier Martinaud d’un portait intimiste et hypothétique de l’explosif cinéaste français ;

- L’Amour existe de Maurice Pialat, film documentaire et objet poétique subjectif, court-métrage sur la transformation sociale et urbaine de la France des années 50-60.

--


On aime le collage des formats et des hypothèses, les approches détournées du réel, la poésie comme fil conducteur.

On y va avec un conférencier empiriste, un épicurien, un fou de cinéma, en amoureux.

 

--

CHRONIQUES
Détours de réel
(Hypothèses sur-réalistes sur la vie)

 

Comment parler de la vie, de vies ou simplement d’une vie ?Parfois, un simple changement d’angle suffit. Ici, trois œuvres «à mi chemin» empruntent des voies détournées ou décalées pour  suggérer trois hypothèses du réel. Libre au spectateur d’en recoller les morceaux !

1 – Ceci n’est pas une conférence 
Éloge et défense de la routine, exposé de Grand Magasin

 

Une conférence est une confrontation formalisée d’idées de spécialistes et leurs contradicteurs sur un sujet jugé d’importance. Oui, mais imaginons que l’on sorte des formats, que les exposés soient faits sans autorisation, ni autorité, à partir juste d’expériences personnelles et forcément partielles. C’est le pari de la compagnie Grand Magasin : leurs exposés font la part belle à la réflexion intuitive, procédant à la fois de la composition musicale, du journal de bord et de l’enfoncement de porte ouverte ! Un exemple de leurs agissements : Éloge et défense de la routine ou comment redorer le blason de la vie quotidienne "souvent vilipendée, affublée de termes péjoratifs qui présupposent répétition mécanique et fatalité de l’ennui”. Alors, empruntons la voie des charmes, des profondeurs, de la poésie et même de la beauté de la routine, le temps d’une conférence qui n’en est (presque) pas une.

 

2 – Ceci n’est pas une biographie
L’amour la gueule ouverte (hypothèses sur Maurice Pialat) d'Alban Lefranc, lecture de Olivier Martinaud

 

Parler d’une vie, en littérature, se résume souvent à l’exercice d’une biographie. Parler de la vie du cinéaste qu’est Maurice Pialat, décrié autant qu’adoré, ne semble pouvoir se plier à la forme tant ses contours sont insaisissables. Parler d’une vie, c’est peut-être alors n’en saisir que des fragments intimes, des fantasmes de fictions, d’élucubrations, des bribes, bref des hypothèses. Qu’en sort-il alors ? Le portrait d’un homme révolté, explosif, impétueux mais mu d’une soif inextinguible d’amour. La lecture d’Olivier Martinaud de L’amour la gueule ouverte (hypothèses sur Maurice Pialat) de Alban Lefranc donne à entendre l’écriture brutale et douce, vivante et palpable, qui oscille entre prose et poésie fuyante, définitivement ancrée dans l’ADN du réalisateur.

 

3 – Ceci n’est pas un film documentaire
L’Amour existe, film de Maurice Pialat (1960)

 

L’entreprise de filmer le réel ne conduit pas à le documenter. Ici, une voix off à la première personne raconte, sur des images d’une banlieue grise et désertée, la transformation sociale et urbaine de la France des années 50-60. Pourtant d’emblée, ce n’est pas un documentaire sociologique. Alors essai cinématographique ? Chronique autobiographique ? Poème filmique ? Objet cinématographique non identifiable ! Sorti en 1960, récompensé par le Prix Louis-Delluc et à la Mostra de Venise, ce film engagé, inventif et personnel de Maurice Pialat est une véritable ode au changement, à la joie, une litanie sentimentale contre la morosité des villes nouvelles bétonnées.